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Quand on crée une petite entreprise ou une micro-entreprise, on entend rapidement des phrases comme :

  • “La RC Pro est obligatoire pour tout le monde”,
  • “Il te faut une assurance professionnelle micro-entreprise sinon tu es hors la loi”,
  • “Ton banquier exige telle ou telle couverture”.

En réalité, la distinction entre assurance obligatoire, assurance exigée par contrat et assurance simplement indispensable en pratique est plus subtile.

L’objectif de cet article est de faire le tri, pour que tu saches :

  • ce que la loi impose réellement,
  • ce que tes contrats (banque, bail, clients, plateformes) peuvent t’imposer,
  • et quelles assurances restent très fortement recommandées, même sans obligation formelle.

Table des matières :


Avant d’entrer dans le détail, il est utile de poser un cadre :

  1. Obligatoire par la loi ou une réglementation professionnelle
    • Exemple : assurance auto pour les véhicules, assurance décennale dans le bâtiment, RC Pro pour certaines professions réglementées.
  2. Obligatoire par contrat
    • Le bail commercial, le contrat de prêt, un appel d’offres ou une plateforme peuvent imposer une assurance (RC Pro, multirisque, garantie financière…).
  3. Non obligatoire, mais souvent indispensable
    • Typiquement la Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro) pour une grande partie des activités de services, même lorsqu’il n’y a pas de texte de loi qui l’impose.

L’erreur fréquente, c’est de croire que ce qui n’est “pas obligatoire” est facultatif.
Pour une petite entreprise, certains risques peuvent mettre en péril la structure même sans obligation légale.


2. Les assurances vraiment obligatoires pour (quasi) tout le monde

2.1. L’assurance responsabilité civile automobile

Dès qu’un véhicule (voiture, camionnette, scooter, utilitaire…) est :

  • immatriculé au nom de l’entreprise, ou
  • utilisé à titre professionnel,

la garantie responsabilité civile automobile est obligatoire.

Concrètement, cela passe par :

  • un contrat auto personnel qui couvre explicitement l’usage professionnel, ou
  • un contrat flotte / auto pro si le parc est plus conséquent.

Même pour un auto-entrepreneur qui utilise sa voiture personnelle, il faut vérifier que le contrat auto prévoit bien l’usage professionnel. Sinon, un accident survenu pendant une mission pourrait poser problème.

2.2. L’assurance décennale dans le bâtiment et certains travaux

Pour les entreprises du bâtiment et certains travaux de construction, l’assurance de responsabilité civile décennale est obligatoire.

Elle couvre, pendant 10 ans, les dommages qui compromettent :

  • la solidité de l’ouvrage, ou
  • le rendent impropre à sa destination.

Cela concerne notamment :

  • maçons, charpentiers, couvreurs, plombiers-chauffagistes, électriciens selon les travaux réalisés,
  • entreprises générales de construction,
  • parfois certains corps d’état secondaires quand leurs travaux touchent au gros œuvre ou à l’étanchéité.

Sans décennale, impossible de travailler sérieusement : les maîtres d’ouvrage et donneurs d’ordre la demandent systématiquement, et le risque financier est énorme.


3. Les activités où la RC Pro est légalement imposée

Pour certaines professions, la loi ou les textes professionnels imposent une assurance Responsabilité Civile Professionnelle (RC Pro), parfois couplée à une garantie financière.

Quelques exemples (non exhaustifs) :

  • Professions du droit et du chiffre : avocats, notaires, huissiers, experts-comptables, parfois certains conseillers réglementés ;
  • Professions de santé : médecins, infirmiers, paramédicaux, sages-femmes… ;
  • Intermédiaires en assurance, banque, finance, immobilier : agents immobiliers, courtiers, etc. ;
  • Tourisme et voyages : agences de voyages, certains organisateurs de séjours ;
  • Transports : certaines activités de transport de personnes ou de marchandises.

Dans ces cas-là, l’assurance est indissociable du droit d’exercer : pas de couverture, pas d’activité.

Pour toutes les autres petites entreprises (commerçants, artisans hors bâtiment, prestations de service, consultants, métiers du bien-être…), la RC Pro n’est pas toujours imposée par la loi, mais cela ne veut pas dire qu’elle est optionnelle dans les faits.


4. Mutuelle et prévoyance : obligations liées aux salariés

Dès qu’une petite entreprise embauche des salariés, d’autres obligations apparaissent.

4.1. Mutuelle santé collective

Depuis 2016, les employeurs du secteur privé doivent proposer une complémentaire santé collective à leurs salariés, avec :

  • une prise en charge de 50 % minimum de la cotisation par l’employeur ;
  • un panier de garanties minimum (contrat responsable) ;
  • des règles précises pour les dispenses d’adhésion.

Même une micro-entreprise avec un seul salarié est concernée.

4.2. Prévoyance obligatoire dans certains cas

Pour les cadres (article 7 de la convention AGIRC historique) et dans certaines conventions collectives, il existe une obligation de prévoyance (décès, parfois incapacité / invalidité).

La question n’est donc plus “est-ce que je prends une assurance ?”, mais :

  • quel contrat,
  • avec quel niveau de garanties,
  • pour respecter à la fois la loi et la convention collective.

Ce volet ne remplace pas les assurances de responsabilité (RC Pro, décennale…) : il protège surtout les personnes (salariés, dirigeants) en cas de décès, d’arrêt de travail, d’invalidité.


5. Assurances “obligatoires” par contrat : bail, banque, clients

Beaucoup de chefs d’entreprise découvrent l’obligation d’assurance… au moment de signer un contrat.

5.1. Bail commercial

Les baux commerciaux comportent très souvent des clauses imposant :

  • une assurance multirisque professionnelle pour les locaux (incendie, dégâts des eaux, responsabilité envers les voisins et occupants, etc.) ;
  • parfois une assurance de contenu (stock, matériel) et la RC exploitation.

Sans justificatif d’assurance, le bail peut prévoir des pénalités, ou engager la responsabilité du locataire en cas de sinistre.

5.2. Contrat de prêt professionnel

En cas de financement bancaire (locaux, matériel, fonds de commerce…), la banque peut imposer :

  • une assurance dommages sur le bien financé ;
  • parfois une assurance décès / invalidité / incapacité du dirigeant ou associé pour sécuriser le remboursement du crédit.

Ce n’est pas une obligation légale générale, mais une condition contractuelle pour obtenir le financement.

5.3. Appels d’offres, grands donneurs d’ordre, plateformes

Pour répondre à un appel d’offres ou travailler pour un grand compte, il est presque toujours demandé :

  • un attestation de RC Pro à jour,
  • parfois des garanties supplémentaires (décennale, responsabilité environnementale, cyber, etc.).

Certaines plateformes imposent aussi une assurance spécifique pour exercer (prestations à domicile, VTC, freelances, etc.).


6. Ce qui n’est pas toujours obligatoire… mais souvent indispensable

6.1. RC Pro pour micro-entreprise et auto-entrepreneur

Pour beaucoup de micro-entreprises de prestations de services, il n’y a pas de texte de loi général rendant la RC Pro obligatoire.
Mais dès que :

  • tu interviens chez un client ;
  • tu manipules ses données, ses fichiers, son matériel ;
  • tu donnes des conseils ou produis des livrables qui peuvent générer une perte financière…

le risque financier dépasse très vite le chiffre d’affaires d’une année.

C’est pour cela qu’on considère, chez Prialys, que la RC professionnelle est le socle minimum de l’assurance pour une petite entreprise, même quand la loi ne l’impose pas.

Pour un focus spécifique micro-entreprise / auto-entrepreneur (obligations, exemples de sinistres, logique de tarifs), à lire dans l’article satellite dédié :
Assurance micro-entreprise : obligations, RC Pro et compréhension des tarifs.

6.2. Multirisque professionnelle

Même si elle n’est pas légalement obligatoire, la multirisque professionnelle est souvent essentielle dès que l’entreprise possède :

  • des locaux (bureau, commerce, atelier, entrepôt) ;
  • du matériel ou du stock dont la perte serait critique ;
  • ou accueille du public / des clients.

Elle regroupe en général :

  • les dommages aux biens (incendie, dégât des eaux, vol, bris de glace…) ;
  • la responsabilité civile “exploitation” (dommages causés à des tiers dans le cadre de l’activité) ;
  • et parfois des garanties supplémentaires (pertes d’exploitation, etc.).

7. Comment s’y retrouver concrètement quand on est une petite entreprise ?

Pour une petite entreprise ou un auto-entrepreneur, la bonne démarche ressemble à ceci :

  1. Cartographier les risques
    • Risques légaux / réglementaires (activité réglementée ? salariés ?) ;
    • Risques contractuels (bail, banque, clients, plateformes) ;
    • Risques opérationnels (dommages à des tiers, perte de stock, cyber, etc.).
  2. Identifier ce qui est vraiment obligatoire
    • Véhicules (auto), décennale si bâtiment, RC Pro si profession réglementée, mutuelle et prévoyance si salariés.
  3. Définir un socle cohérent
    • RC Pro (même sans obligation formelle, dès qu’il y a exposition à des dommages clients) ;
    • Multirisque pro dès qu’il y a des locaux ou du stock ;
    • éventuellement protection juridique ou cyber selon le métier.
  4. Choisir les niveaux de garanties
    • plafonds, franchises, options… en fonction de la taille de l’entreprise, de son chiffre d’affaires et de son exposition réelle.
  5. Faire évoluer la couverture au rythme de l’activité
    • nouvelle prestation, embauche de salariés, déménagement, croissance du CA : l’assurance doit suivre.

8. Le rôle d’un courtier pour une assurance professionnelle de petite entreprise

Pour un artisan, un commerçant, un consultant ou une micro-entreprise, le problème n’est pas seulement de “trouver un contrat pas cher”, mais de :

  • ne pas manquer une assurance obligatoire (légale ou contractuelle) ;
  • ne pas souscrire des garanties inutiles ;
  • comprendre ce qui est vraiment couvert et ce qui ne l’est pas.

Le rôle d’un courtier comme Prialys est précisément de :

  • traduire ton activité réelle en langage “assureur” ;
  • distinguer ce qui est obligatoire de ce qui est fortement recommandé ;
  • comparer plusieurs solutions d’assurance RC Pro et multirisque pour petites entreprises en fonction de ton budget et de ton niveau de risque ;
  • t’accompagner dans le temps si ton activité se développe ou change.

Sur ton site, ce paragraphe peut faire le lien vers ta page produit (à adapter selon ton arborescence), par exemple :

Pour faire le point sur les assurances réellement obligatoires pour ton activité et construire un socle de garanties cohérent, tu peux nous contacter via notre page assurance RC professionnelle et multirisque pour petites entreprises.


9. FAQ – Assurances obligatoires pour petite entreprise

1. La RC Pro est-elle obligatoire pour tous les auto-entrepreneurs ?
Non, pas pour tous. Elle est obligatoire pour certaines activités réglementées (bâtiment, santé, droit, tourisme, intermédiation, etc.). Pour les autres, elle reste fortement recommandée dès qu’il existe un risque de dommage matériel, corporel ou financier causé à un client.

2. Une micro-entreprise sans salariés doit-elle obligatoirement avoir une mutuelle ou une prévoyance ?
Pas en tant qu’employeur (puisqu’il n’y a pas de salariés). En revanche, le dirigeant peut avoir intérêt à une protection santé / prévoyance adaptée à son statut (TNS), mais ce n’est pas la même logique que pour les obligations vis-à-vis des salariés.

3. Si mon bail ou mon contrat de prêt m’impose une assurance, est-ce que c’est “obligatoire” ?
Oui, contractuellement. Ce n’est pas une obligation légale générale, mais une condition du bail ou du prêt. En cas de non-respect, tu peux te retrouver en difficulté (résiliation, exigibilité anticipée, etc.).

4. Je commence en micro-entreprise avec peu de chiffre d’affaires : est-ce grave si je n’ai pas d’assurance pro ?
Le montant d’un sinistre potentiel ne dépend pas de ton chiffre d’affaires. Un seul dommage important à un client peut coûter bien plus cher que ce que tu gagnes sur l’année. C’est pourquoi une assurance professionnelle micro-entreprise pensée comme un socle minimum est très souvent pertinente.

5. Comment savoir si mon activité est réglementée et quelles assurances elle impose ?
Il faut vérifier, au cas par cas, les textes qui régissent ta profession (Code du commerce, Code de la construction, Code de la santé, ordres professionnels, etc.). C’est typiquement un point que l’on vérifie ensemble lors d’un échange avec un courtier.